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Santé & prévention

Confusion aiguë senior 2026 : delirium, causes, conduite à tenir en urgence

Comprendre la confusion aiguë du senior (delirium) : cause urgente sous-diagnostiquée. Reconnaître, agir vite, éviter l'aggravation. Différence avec la démence (Alzheimer).

30 %

des seniors hospitalisés

HAS 2023

50 %

post-opératoires

INSERM 2024

10 j

durée moyenne

HAS 2023

x2

mortalité à 1 an

Lancet 2024

La confusion aiguë (ou delirium) chez la personne âgée est une URGENCE médicale sous-diagnostiquée. Elle touche 30 % des seniors hospitalisés et 50 % des post-opératoires, avec une mortalité doublée à 1 an si elle n'est pas traitée. Apprendre à la reconnaître peut sauver une vie.

Qu'est-ce que c'est ?

Trouble cérébral AIGU, survenant en quelques heures à quelques jours, caractérisé par une altération de la conscience, de l'attention et de la cognition. Critères DSM-5 :

  • Perturbation aiguë de l'attention et de la conscience
  • Évolution en heures/jours, fluctuations jour/nuit
  • Perturbation cognitive (mémoire, orientation, langage)
  • Cause médicale sous-jacente identifiable

Delirium vs démence : différences clés

  • Delirium : AIGU (heures-jours), FLUCTUANT, attention altérée, RÉVERSIBLE si cause traitée
  • Démence : CHRONIQUE (mois-années), évolution progressive, conscience préservée au début, IRRÉVERSIBLE
  • ATTENTION : les patients déments sont plus à risque de delirium (terrain fragile)
  • En cas de doute : considérer comme delirium et rechercher la cause urgemment

Causes principales

  1. Médicaments (40 %) — benzodiazépines, opioïdes, anticholinergiques
  2. Infections — urinaire, pneumonie (souvent SANS fièvre chez le senior)
  3. Déshydratation et troubles électrolytiques
  4. Douleur mal traitée
  5. Sevrage alcool/benzodiazépines
  6. Post-opératoire (chirurgie hanche, prothèse — 50 % des cas)
  7. AVC, hématome sous-dural
  8. Hypoglycémie, hyperglycémie, hyponatrémie
  9. Rétention urinaire, fécalome
  10. Environnement (UTR, isolation, sondage, contention)

Signes à reconnaître

  • Désorientation soudaine temps/espace
  • Trouble de l'attention (ne suit plus une conversation simple)
  • Fluctuation jour/nuit ('sundowning' : agité la nuit, calme le jour)
  • Agitation OU somnolence inhabituelle
  • Hallucinations visuelles (voir des choses qui n'existent pas)
  • Discours incohérent, mots mélangés
  • Anxiété, peur paranoïde nouvelle
  • Pertes de mémoire récente massives
  • SURVENUE BRUTALE = critère majeur

Conduite à tenir

  1. Appeler le médecin traitant rapidement, ou le 15 si signes sévères
  2. Prendre la température (rechercher infection)
  3. Vérifier les médicaments récents (nouveaux, augmentation de dose)
  4. Hydrater si conscient et capable de boire
  5. Environnement calme, présence rassurante familière
  6. NE PAS donner de benzodiazépines (aggravent le delirium)
  7. NE PAS contenir physiquement sauf danger immédiat
  8. Préparer hospitalisation possible (carte vitale, ordonnance)

Lexique

  • Delirium — Confusion aiguë par cause médicale
  • Sundowning — Agitation vespérale, typique du delirium et démence
  • HELP — Hospital Elder Life Program, prévention multimodale
  • UTR — Unité de Très Réfractaires (services hospitaliers spécialisés)
  • Anticholinergique — Famille de médicaments à risque chez le senior

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la confusion aiguë (delirium) ?

Le DELIRIUM (ou syndrome confusionnel aigu) est un trouble cérébral AIGU, survenant en quelques heures à quelques jours, caractérisé par une altération de la conscience, de l'attention et de la cognition. Critères DSM-5 : (1) perturbation de l'ATTENTION et de la CONSCIENCE ; (2) survenue en heures/jours, fluctuations jour/nuit ; (3) perturbation cognitive (mémoire, orientation, langage) ; (4) non expliquée par démence préexistante ; (5) preuve d'une cause médicale sous-jacente. C'est une URGENCE médicale, à NE PAS CONFONDRE avec une démence (qui est chronique).

Comment distinguer delirium et démence ?

DELIRIUM = AIGU (heures-jours), FLUCTUANT (alternance jour/nuit), attention altérée, RÉVERSIBLE si cause traitée. DÉMENCE (Alzheimer, etc.) = CHRONIQUE (mois-années), évolution progressive, conscience préservée au début, IRRÉVERSIBLE. Attention : les patients déments sont PLUS À RISQUE de delirium (decompensent vite sur infection, médicament). En cas de doute : considérer comme un DELIRIUM et rechercher la cause urgemment (la démence ne s'aggrave pas brutalement sur 24h sans cause sous-jacente).

Quelles sont les causes principales ?

Causes par ordre de fréquence : (1) MÉDICAMENTS (40 % des delirium) — benzodiazépines, opioïdes, anticholinergiques, antiparkinsoniens, corticoïdes ; (2) INFECTIONS — urinaire (la plus fréquente, parfois sans fièvre), pneumonie, méningite ; (3) DÉSHYDRATATION et troubles électrolytiques ; (4) DOULEUR mal traitée ; (5) SEVRAGE alcool/benzodiazépines/opioïdes ; (6) POST-OPÉRATOIRE (chirurgie hanche, prothèse — 50 % des cas) ; (7) AVC, hématome sous-dural ; (8) TROUBLES MÉTABOLIQUES (hypoglycémie, hyperglycémie, hyponatrémie) ; (9) RÉTENTION urinaire ou fécalome ; (10) ENVIRONNEMENT (UTR isolation, sondage, contention).

Quels signes doivent alerter ?

(1) DÉSORIENTATION SOUDAINE temps/espace (ne sait plus où il est, quel jour) ; (2) TROUBLE DE L'ATTENTION (ne suit plus une conversation simple, regard fuyant) ; (3) FLUCTUATION jour/nuit (apparent bien le matin, agité la nuit — 'sundowning') ; (4) AGITATION ou au contraire SOMNOLENCE inhabituelle ; (5) HALLUCINATIONS visuelles (rare dans la démence pure d'Alzheimer) ; (6) DISCOURS INCOHÉRENT, mots mélangés ; (7) Anxiété, peur paranoïde nouvelle ; (8) Pertes de mémoire récente massives. SURVENUE BRUTALE = critère majeur. Si état stable depuis des mois et changement en quelques jours : urgence médicale.

Que faire en cas de delirium soupçonné ?

(1) APPELER LE MÉDECIN TRAITANT ou le 15 si signes sévères (agressivité, hallucinations, conscience altérée) ; (2) RECHERCHER LA CAUSE : prendre la température (infection ?), vérifier les médicaments récents, le dernier verre d'eau bu, les selles/urines récentes ; (3) HYDRATER si conscient et capable de boire ; (4) ENVIRONNEMENT CALME : peu de stimuli, éclairage adapté, présence rassurante familière ; (5) NE PAS DONNER de benzodiazépines (Lexomil, Xanax) — aggravent le delirium ; (6) NE PAS contenir physiquement (sauf danger immédiat) ; (7) Préparer hospitalisation possible (carte vitale, ordonnance, liste des médicaments).

Le delirium peut-il être prévenu ?

OUI dans 30-40 % des cas en milieu hospitalier (programmes HELP — Hospital Elder Life Program) : (1) ORIENTATION régulière (horloges visibles, calendrier, contact familial) ; (2) MOBILISATION précoce (lever, marche dès J1 post-op) ; (3) HYDRATATION suffisante ; (4) DOULEUR bien traitée (mais sans surdosage opioïdes) ; (5) SOMMEIL respecté (pas de soins nocturnes inutiles) ; (6) ARRÊT médicaments à risque (révision médication systématique) ; (7) CORRECTION de la vue (lunettes) et de l'audition (prothèse) ; (8) NUTRITION adaptée ; (9) VISITES familières fréquentes. À domicile : éviter polymédication, dépister infections précocement, hydratation systématique l'été.