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Compte joint au décès 2026 : succession, partage, conjoint

Le compte joint senior survit au décès d'un titulaire (le conjoint reste co-titulaire), mais 50 % du solde tombe dans la succession. Règles, fiscalité, pièges à éviter.

50 %

tombe en succession

Article 1538 CC

Non bloqué

conjoint reste titulaire

Article 753 CGI

Présomption

égalité (sauf preuve)

Article 1538 CC

0 €

droits succession conjoint

Article 796-0 bis CGI

Le compte joint est très répandu chez les couples seniors. Mais que se passe-t-il au décès d'un des titulaires ? Contrairement au compte individuel, il n'est pas bloqué : le conjoint survivant peut continuer à l'utiliser. Mais attention, 50 % du solde tombe dans la succession et doit être partagé entre les héritiers. Ce guide explique les règles et les pièges à éviter.

Principe

  • Compte ouvert à deux ou plusieurs titulaires (avec/sans solidarité active)
  • Chaque titulaire peut faire toutes les opérations seul (« avec/sans intervention »)
  • Au décès d'un titulaire : compte continue de fonctionner pour les survivants
  • Mais 50 % du solde au jour du décès intégré à la succession
  • Présomption d'égalité réfragable (article 1538 Code civil)

Succession

Au décès, la banque doit signaler le décès à l'administration fiscale et bloquer 50 % du solde (sauf preuve contraire d'attribution différente). Le conjoint survivant peut continuer à utiliser sa part (50 %) mais pas l'autre moitié jusqu'au règlement successoral.

  1. Notification décès à la banque par le conjoint survivant
  2. Banque bloque 50 % du solde (sauf situation particulière)
  3. Établissement déclaration succession dans 6 mois
  4. Partage entre héritiers selon régime matrimonial et testament
  5. Versement des parts aux héritiers

Fiscalité

BénéficiaireDroits sur la part du défuntAbattement
Conjoint marié / PACS0 % (exonération totale)
Enfant5-45 % selon montant100 000 €
Frère / sœur35-45 %15 932 €
Neveu / nièce55 %7 967 €

Alternatives

  • Compte individuel + procuration : compte propre à chaque conjoint, procuration mutuelle. Au décès, procuration cesse mais blocage limité aux comptes du défunt.
  • Compte joint avec convention de quote-part : précision écrite des parts (ex : 80 % / 20 %) pour échapper présomption d'égalité.
  • Communauté universelle (régime matrimonial) : 100 % au conjoint survivant, mais procédure notariée et coûts.
  • Assurance-vie : capitaux hors succession, transmission optimale conjoint (voir guide).

Lexique

  • Présomption égalité — Article 1538 CC : 50 % chacun par défaut.
  • Réfragable — Peut être contestée avec preuves.
  • Article 796-0 bis CGI — Exonération droits succession conjoint.

Questions fréquentes

Le compte joint est-il bloqué au décès ?

Non, contrairement au compte individuel. Le compte joint reste accessible au conjoint survivant co-titulaire qui peut continuer à l'utiliser normalement. Article 753 CGI. Mais la banque DOIT informer l'administration fiscale du décès et bloquer 50 % du solde pour la succession (présomption d'égalité). En pratique : compte fonctionne mais avec une indivision sur la moitié défunt.

Comment se partage le solde au décès ?

Présomption d'égalité (article 1538 Code civil) : chaque co-titulaire est réputé propriétaire de 50 % du solde, sauf preuve contraire. Si décès, ces 50 % tombent dans la succession et sont partagés entre héritiers selon le régime matrimonial + testament. Exemple : compte joint 100 000 €, mari décède, 1 enfant. Femme garde ses 50 000 € + reçoit en réversion sa part du décès (selon contrat mariage). Enfant reçoit sa part héréditaire (ex : 33 000 € si 3 enfants au total avec autres comptes).

Et si les fonds appartenaient en réalité à un seul ?

La présomption d'égalité est RÉFRAGABLE : on peut prouver que les fonds appartiennent à un seul des co-titulaires. Preuves : (1) Origine des versements (salaires, héritage, vente) ; (2) Relevés montrant absence de mouvements de l'autre ; (3) Convention initiale entre époux. Démarche : contestation devant tribunal civil par héritiers ou conjoint survivant. Coût avocat ~3 000-8 000 €.

Conjoint exonéré de droits : qu'est-ce que ça change ?

Article 796-0 bis CGI : exonération TOTALE droits succession entre époux (mariage ou PACS). Donc même si 50 % du compte tombe dans la succession, le conjoint ne paie aucun droit sur sa part de réversion. En revanche, les enfants paient droits selon barème ligne directe (abattement 100 000 € par enfant, puis 5 à 45 %). Stratégie : assurance-vie qui échappe à la succession civile reste plus efficace pour transmission enfants.

Faut-il convertir le compte joint en compte individuel ?

Selon situation : (1) Couple harmonieux, patrimoine simple : compte joint reste pratique au quotidien ; (2) Famille recomposée, enfants d'union antérieure : compte joint risque conflits (les enfants du décédé contestent l'usage des 50 % par le conjoint survivant) → préférer comptes individuels avec procurations ; (3) Patrimoine important : assurance-vie + démembrement plus efficaces que compte joint. Cas par cas avec notaire/conseiller patrimonial.

Compte joint et impôts de succession : quoi déclarer ?

Lors de la déclaration de succession (à déposer dans 6 mois), les 50 % du compte joint doivent être déclarés comme actif successoral. Conjoint survivant : ne paie pas de droit sur sa part (exo article 796-0 bis). Enfants : droits selon abattement 100 000 €. Possibilité de moduler via testament (parts inégales) ou contrat mariage (communauté universelle = 100 % au conjoint, mais coûts donation au dernier vivant).

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